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AU FIL DU TEMPS > SAONE > Les ponts de Saône sur le site historique

Bien que nous n’ayons aucune preuve des lieux de passage empruntés par les romains pour franchir la Saône d’une rive à l’autre, il est fort probable qu’ils utilisaient les hauts-fonds naturels en franchissant les gués. Vinrent ensuite les bacs à traille, et ces barques si particulières à fond plat appelées bêches.

Si le pont du Change est resté longtemps le seul pont reliant Saint-Jean à la presqu’île par les quartiers de Saint-Nizier, on compte aujourd’hui 4 ponts et 2 passerelles franchissant la Saône à hauteur du Vieux-Lyon.

Le Pont de la Feuillée

Ce pont franchit la Saône du quai de la Pêcherie au quai de Bondy. Traditionnellement, une feuillée est une latrine rudimentaire situé dans un lieu ombragé. Il en existait une à proximité, rue du Plâtre.

La Compagnie Girardon, qui devait constamment réparer le pont Saint-Vincent, obtient par ordonnance royale de 1827 de reconstruire un nouveau pont plus en aval, qui sera le premier pont de la Feuillée et d’implanter une passerelle, à l’emplacement de l’ancien pont, qui prendra le nom de passerelle St Vincent.

Les piles de ce pont suspendu qui soutiennent les câbles sont situées très près de la rive afin de faciliter la navigation. Ouvert en 1831, il rencontre dès 1840 de graves problèmes dus à une malfaçon car la compagnie a réduit la hauteur au-dessus des eaux de 20 cm. Les hautes eaux entraînent les bateaux qui heurtent le tablier du pont. Le pont reste fermé plus d’une année.
En 1910 il est remplacé par un pont métallique. Son arche centrale de 75 m. d’ouverture facilite la navigation.

Il est détruit en 1944. L’arche centrale s’écroule et tombe dans la Saône. On le reconstruit une nouvelle fois. Il est inauguré en 1949. Les piles du pont, recouvertes de pierre de taille sont également proches des rives. Le tablier est en acier. Cette fois-ci, il comporte une travée centrale et deux latérales, plus petites, telles qu’on peut les voir aujourd’hui.

Le Pont Maréchal Juin

Le quai Saint-Antoine est relié par ce pont au quai Romain-Rolland.

Le Pont Maréchal Juin est situé plus en aval que l’emplacement du Pont du Change qui fut détruit en 1974 et dont il ne reste, sur la rive gauche à hauteur de St Nizier, que les gradins qui descendent vers la rivière. Sa construction débuta en 1971 face à la rue Grenette et fut inauguré en 1973.

A cet emplacement le lit de la Saône est plus large, ce qui rend la navigation plus facile. Il devait en effet permettre aux bateaux de gros gabarit de circuler sur la Saône.

L’ouvrage, construit en béton précontraint, ne nécessitait plus le soubassement rocheux qui supportait le Pont du Change.

Sa largeur est de 22 mètres, dont 14 mètres de chaussée. La portée totale des trois travées est de plus de 131 mètres, ce qui en fait le plus long des ponts de Saône.

La passerelle du Palais de Justice

Cette passerelle part du quai des Célestins, et rejoint la Place Paul-Duquaire.

Son histoire commence en 1778, lors de la fermeture et de la démolition du pont de l’Archevêché, alors en très mauvais état. Le premier ouvrage réalisé est un pont de bateaux constitué de douze embarcations de 15 mètres de long reliées entre elles par des amarres et des cordes elles-mêmes rattachées à des pilotis sur chaque rive, dans le lit de la rivière. Ce pont atteint plus de 140 m. Mais il ne résiste pas aux glaces de l’hiver qui l’emportèrent en 1795.

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Le sieur Niogret devenant acquéreur des restes du pont, apporte les capitaux nécessaires à sa reconstruction.

Autorisé par la loi, le nouveau pont de bois est à péage, pour une durée de 53 ans. En 1820, il est endommagé par un feu d’artifice. En 1824, des piles du pont sont endommagées. Résistant de plus en plus mal au temps, il sera remplacé par un pont suspendu de 90 m de portée, construit par la Compagnie Seguin cinq ans plus tard. Ce nouveau pont subit lui aussi les intempéries et sera emporté par la crue de 1840.

Le passage étant très important, ce pont est à nouveau reconstruit. Il résistera à la crue de 1856. En 1944, les câbles et le tablier sont partiellement détruits. Il est réparé et rouvert en 1945. Il sera démoli en 1972.

On pense d’abord que le pont Maréchal Juin va assurer la liaison, mais devant l’insistance de la population qui se voit obligée à faire un grand détour, le Conseil Municipal décide de construire une passerelle pour les piétons.

Le projet de l’architecte urbaniste Charles Delfante est retenu et l’ouvrage de 126 m de long et 4 m de large voit le jour en 1982.
Cette élégante passerelle au pylône unique auquel sont rattachés les câbles soutenant le tablier, est très fréquenté par les lyonnais et les touristes qui ont, de ce lieu, une magnifique vue sur la Croix-Rousse et la vallée de la Saône.

Le Pont Bonaparte

Relie Bellecour à St Jean, de la place Antonin-Couru à l’avenue Adolphe Max.

Le premier pont construit à cet emplacement, entre 1634 et 1642, par l’ingénieur Jean-Christophe Marie était en bois, à péage, porté par neuf piles solidaires. En 1669, le Chapitre reprend le pont qui est géré par la ville.

Très maltraité par l’hiver le plus rude du siècle, il est gravement endommagé en 1709. Et chaque fois que les dégâts causés empêchent le passage, il doit être remplacé par un pont volant ou un pont de bateaux. Il est encore une fois reconstruit en 1732. Démoli à nouveau en 1778, il est à nouveau remplacé par un pont volant.

Les projets vont alors se succéder pour la construction d’un nouveau pont, qui ne verra son achèvement que le 30 janvier 1810. Ce délai s’explique entre autres, par les hésitations dans le choix des matériaux et par les évènements de la Révolution qui stoppèrent plusieurs fois les travaux. De plus, des modifications et de nombreux incidents retardent les délais. C’est le dernier maître d’œuvre, Ange Carron, qui achèvera la construction. Le Conseil Municipal décide alors que le pont s’appellerait Pont Tilsitt.

Malheureusement, ce pont étant trop bas, il freine les crues de 1856 qui remonteront jusqu’à Vaise. On décide donc de le démolir, dans le cadre de la loi de 1858 sur les travaux de défense contre les inondations, qui sont financés par des crédits spéciaux.

La mise en adjudication des travaux a lieu le 15 mai 1863. Les pierres de l’ancien pont ne pouvant être réutilisées, il est entièrement construit en pierres de Villebois.

Ce pont fut dynamité en 1944 par les Allemands. Toutes les arches s’écroulèrent, entraînant une pile dans la rivière. Reconstruit en 1946 en béton armé, les arches et les piles furent recouvertes d’un revêtement de pierre afin de respecter le caractère patrimonial du quartier. Les parapets sont en pierres d’Hauteville. C’est aussi de ces carrières situées dans l’Ain, que proviennent les pierres de l’Empire State Building de New-York.

Le pont, tel que nous le voyons aujourd’hui, comporte une grande arche centrale de 67,50 m. et deux arches latérales de 25,75 m. Il a une chaussée de 12 m. de large, deux trottoirs de 4,50 m et une longueur de 124 m. Terminé en 1950, le pont devient le Pont Bonaparte.


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