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Dès 1804, Laurent Mourguet installe son
castellet aux Brotteaux puis dans un café de la rue Noire,
actuellement rue Stella. Ses pièces mettent en scène
les personnages de la comedia dell'Arte, Polichinelle et Arlequin.
Rapidement, il créé le personnage de Gnafron le
regrolleur (savetier), inspiré du père Thomas, un
habitué des lieux.
La première trace de Guignol remonte aux représentations
du café de la rue Noire datant d'octobre 1808, mais l'origine
du personnage est moins définie que celle de Gnafron.
La marionnette sculptée dans le bois de tilleul pourrait
être inspirée de la propre image de Laurent Mourguet
ou représenter le visage d'un de ses voisin canut.
Quant à l'origine du nom Guignol, de multiples hypothèses
sont proposées :
- le nom du voisin canut : Jean Siflavio Chignol.
Gnafron appelle souvent son ami "Chignol"...
- une ville italienne près de Padoue,
Chignolo qui a une tradition de marionnettes au XVIIème
siècle
- une déformation de Guignolet, célèbre
personnage de la pièce Nitouche et Guignolet de Dorvigny..
- "guign'oeil": louche
- l'adjectif "guignolant" qui pourrait
signifier "désopilant", mais que le Littré
de la grand' côte, bible du parlé lyonnais publié
en 1894, donne comme une déformation de "guignonnant",
ennuyeux..
Couvre-chef plat, long sarsifi (tresse du canut),
redingote de domestique et bâton, tels sont les attributs
de Guignol.
Le personnage est jeune, plein de vie, impulsif, coléreux
et très honnête.
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Il aime la fête, défend
l'opprimé et se bat pour la justice. Doté
d'esprit et d'imagination, il dit ce qu'il pense même quand
tout le monde se plie devant le pouvoir, il dénonce l'injustice
sociale et prennant le parti des petites gens, le tout avec un parler
lyonnais grivois et riche d'expressions truculentes.
D'esprit frondeur mais toujours bon enfant, caricature de la société
lyonnaise du XIXe siècle, Guignol est une marionnette populaire
et attachante qui va devenir l'emblême des Lyonnais et l'ambassadeur
de la ville de Lyon à travers le monde.
Spectacles destinés aux adultes, Guignol remporte un franc
succès ; les pièces de Laurent Mourguet s'exportent,
des théâtres de Guignol s'installent à Paris.
Toutefois, Guignol va connaitre la censure : vers 1850, Napoléon
III fait fermer les treize ou quatorze théâtres dits
"à la Guignol".
En 1865, le magistrat Jean-Baptiste Onofrio, spectateur assidu,
publie un "Théâtre lyonnais de Guignol" réunissant
une vingtaine de pièces parmi lesquels des textes classiques
remaniés qui vont plaire à la bourgeoisie, élargissant
le public.
Ce ne sera que dans les années 50 que les spectacles vont
être écrits et joués pour les enfants.
Et comment ne pas évoquer "Les guignols de l'info",
émission de Canal+, créée en 1988 et dont le
but est de caricaturer le monde politique, les médias, les
personnalités, bref, le monde actuel.
Tout cela n'est pas sans rappeller le Guignol de Laurent Mourguet,
que l'on sait grivois, au parler populaire, commentant les affaires
de la ville à une époque où les journaux ne
relaient pas encore l'information, prennant le parti du peuple et
des ouvriers contre les propriétaires et les autorités,
mais toujours dans un esprit bon enfant ...
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