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Sous le premier Empire (1804-1814) et la Restauration
(1814- 1830), le commerce de la soie fait de Lyon, une ville prospère. C’est grâce à la volonté de Napoléon Bonaparte qui impose l’utilisation des soieries lyonnaises dans toutes les cours d’Europe et encourage l’utilisation du métier à tisser de Joseph-Marie Jacquard (1752-1834).
De 1800 à 1848, le nombre des métiers à tisser
passe de six mille à soixante mille. En 1850, les métiers
de la soie emploient quatre vingt dix mille personnes. La croissance
démographique est spectaculaire.
Les ouvriers en soie (ou "Canuts") s'installent sur la colline
de la Croix-Rousse, qui devient dès lors "la colline qui
travaille ", par opposition à "la colline qui prie" (Fourvière).
Les logements à plafond élevé et bien éclairés
permettent de mieux travailler sur les hauts métiers à
tisser. On installe la zone privée dans la partie arrière
de l'appartement.
Entre 1820 et 1850, la région de Lyon - Givors - St Etienne
est la première région industrielle française.
On y installe, en 1824, le premier chemin de fer français
reliant Andrézieux à Saint-Etienne, puis St Etienne
à Lyon en 1832. Dès 1850, les voies ferrées,
surtout la ligne Lyon-Marseille, accaparent le trafic des marchandises.
Toutefois, après 1830, l'industrie soyeuse traverse une
crise grave. Malgré les nombreuses innovations sociales
(premier "Conseil des Prud'hommes" en 1806, première
caisse de secours mutuel, "commerce véridique et social"
en 1835 qui est la première épicerie mutualiste
française), le travail manque souvent, les salaires ne
permettent pas de vivre. Les Canuts se révoltent une première
fois en novembre 1831 contre les fabricants, puis une seconde
fois en 1834. C'est de ces soulèvements populaires, durement
réprimés, qu'est née la devise "Vivre en
travaillant ou mourir en combattant".
La deuxième moitié du XIXe siècle est symbole
de renouveau urbain pour la ville. Après la visite, en
1851, de Louis-Napoléon Bonaparte, les communes suburbaines
sont annexées à l'agglomération (1852) et
reçoivent de grands aménagements ; la gare
est fixée à Perrache.
Dès 1853, de grands travaux d'embellissement et de modernisation
de la ville sont initiés sur le modèle hausmanien
de Paris, par le préfet-sénateur Vaïsse, maire
de Lyon de 1853 à 1864, soucieux d'hygiène, de circulation
urbaine et de sécurité publique. Et si Lyon conserve
ses quartiers médiévaux, de gigantesques transformations
créent la ville d'aujourd'hui.
De nouveaux ponts sont jetés sur la Saône, de nouvelles
rues sont percées comme la rue Centrale (rue de Brest), la rue Impériale (rue de
la République), la rue de l'Impératrice (rue Edouard-Herriot), le boulevard de la Croix-Rousse (sur les anciens remparts).
De nombreux bâtiments surgissent de terre : le palais du
Commerce, les halles des Cordeliers ; l’hôpital
de la Croix-Rousse, les gares de Vaise et de Perrache entrent
en activité. Le parc de la Tête d'Or est aménagé
pour les Lyonnais.
C'est une période qui est aussi marquée par l'émergence
de grands industriels lyonnais comme Joseph-Marie Jacquard, inventeur
du métier mécanique pour tisser la soie, André-Marie
Ampère, qui découvre les bases de l'électricité
et donne son nom à l'unité de courant électrique,
ou encore Henri Germain, premier président-fondateur du
Crédit Lyonnais en 1863.
Les relations commerciales de Lyon s'étendent alors aux
colonies, à l'Extrême-Orient, à l'Amérique.
La réussite de la ville est consacrée par l'organisation
de trois expositions universelles en 1872, 1894 et 1914.
Le XXe siècle s'inscrit dans la continuité du précédent,
se fondant sur un grand dynamisme industriel, politique, artistique
(notamment architectural) et médical.
Sur le plan industriel d'abord, Lyon s'impose
dans quatre filières principales : l'automobile, la chimie-textile,
la pharmacie et l'image. |
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les constructions de machines et de voitures
(avec notamment Marius Berliet) font de Lyon la capitale de
l'automobile avant 1914 ; quelques grandes marques pionnières
de l'industrie automobile française comme Rochet-Schneider,
Voisin, Berliet (devenu Renault Véhicules Industriels)
naissent à Lyon ; entre les deux guerres, une société
lyonnaise – Zénith - détient le monopole
mondial pour la production des carburateurs.
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l'invention de la soie artificielle remplaçant
très vite la soie naturelle, est à l'origine de
grands groupes qui dominèrent longtemps l'industrie textile
(Rhodiaceta, le Comptoir des Textiles Artificiels, devenus Rhône-Poulenc,
puis Aventis).
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dans le domaine médical, les recherches
de l'Institut Bactériologique de Lyon, futur Institut
Pasteur, et de l'Institut Mérieux, laboratoire pharmaceutique
pionnier, fondé en 1897, mettent au point de nombreux
vaccins.
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en 1895, les frères Auguste et Louis
Lumière* inventent le cinématographe, produisent
des plaques photographiques et des autochromes.
Le développement urbain est marqué
par des hommes politiques comme Edouard Herriot (1872-1957), député-maire
de Lyon de 1905 à 1957, ministre, président du Conseil,
encourageant les idées novatrices.
Il permet à l'architecte Tony Garnier, Grand-Prix de Rome,
de mettre en oeuvre ses principes d'urbanisme au travers de nombreuses
réalisations comme les abattoirs et le marché à
bestiaux (Halle Tony-Garnier), le stade de Gerland, l'Ecole de
Tissage sur les pentes de la Croix-Rousse aujourd'hui Lycée
Diderot. Il planifie le nouveau quartier d’habitation des
Etats-Unis et construit l'Hôpital de Grange-Blanche aujourd’hui
Hôpital Edouard-Herriot.
La seconde guerre mondiale va mettre entre parenthèses le
développement de la ville. Restée en zone libre
jusqu'en 1942, Lyon devint la "Capitale Française de la
Résistance", patrie des grands journaux de la Libération.
Jean Moulin (1899-1943) arrêté à Caluire en
1943, restera dans l'Histoire la figure de proue de la résistance
lyonnaise.
Après la deuxième guerre mondiale et l'inévitable
reconstruction, la ville de Lyon se tourne résolument vers
la modernité, de nombreuses réalisations (surtout
infrastructures liées aux communications) sont lancées
entre 1960 et 1980.
Le quartier d'affaires de la Part-Dieu en 1960, avec une nouvelle
gare ferroviaire et la tour du Crédit Lyonnais sortent
de terre. Le centre d'échanges de Perrache, l'extension
de l'Autoroute A6 jusqu'à Lyon (1970), l'Aéroport
de Satolas (1977 aujourd'hui rebaptisé Saint-Exupéry)
et la première liaison TGV (1981) voient le jour dans l'agglomération
lyonnaise.
En parallèle, la mise en place d'infrastructures solides
tels le palais des congrès, l'auditorium, la bibliothèque
de Lyon, le théâtre du 8ème et dans les années
80 un centre d'exposition, Eurexpo, amènent Lyon à jouer
de nos jours un rôle important au niveau européen.
Plus récemment d'autres projets ont vu le jour : la gare
TGV de l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry en 1994, la
rénovation de l'Opéra et du centre commercial de
la Part-Dieu, la réalisation de nombreux parkings au centre
ville et la toute récente Cité Internationale abritant
un centre de congrès doté d'une salle de 3.000 places,
un casino, un cinéma, un hôtel, le Musée dArt
Contemporain et les bureaux d'Interpol.
Eté 2007, les Lyonnais renouent avec leur fleuve : longtemps
dédiées à la circulation et aux parkings,
les berges du Rhône sont réhabilitées et transformées
en espaces de vie, rendus aux promeneurs et cyclistes.
Enfin, le projet de réaménagement de la Part-Dieu
avec la construction d'une nouvelle tour, la Tour Oxygène,
est lancé...
Il ne faut pas oublier que malgré sa modernité,
la cité lyonnaise a toujours été attachée
à son histoire et à son patrimoine.
Dotée d'un Plan de Sauvegarde des quartiers anciens en
1964, la ville ancienne est patiemment restaurée et embellie
depuis cette date et accueille tout au long de l'année des
milliers de touristes.
En 1998, le Vieux Lyon, ainsi qu'une partie des pentes de la Croix
Rousse et de la presqu'île, est classé au Patrimoine
Mondial de l'Unesco.
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