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AU FIL DU TEMPS > ARCHITECTURE > Epoque gallo-romaine

Lugdunum

En 43 av. JC, Lucius Munatius Plancus fonde, ex-nihilo, la ville de Lougoudounon / Lugdunum sur la colline de Fourvière là où les populations celtes festoyaient depuis fort longtemps déjà.

Nouvelle cité de l'Empire, Lugdunum est conforme à l'urbanisme romain : orientée selon un axe principal Nord/Sud et dotée de nombreux monuments publics, typiques des villes de l'Empire.
Capitale des trois Gaules impériales (la Lyonnaise, l'Aquitaine et la Belgique), elle est, dès sa naissance, une cité chérie de l'Empire.
Le programme architectural est colossal : moins de trente ans après la fondation, la ville est munie d'un réseau routier, d'un forum, d'un prétoire, d'un temple du culte impérial, de thermes, d'un théâtre, du sanctuaire fédéral des Trois Gaules...

Le Sanctuaire fédéral des Trois Gaules

Erigé en12 avant JC sur les pentes de la Croix Rousse, il est le lieu de rassemblement annuel des chefs des 60 nations gauloises, au début du mois d'août.
Un prêtre élu par ces nations est chargé des cérémonies dédiées au culte de Rome et de l'Empereur. La prêtrise du Confluent constituait donc la plus haute charge administrative à laquelle les notables gallo-romains pouvaient accéder en Gaule.
Les rôles religieux et politiques de ce rassemblement sont évidents. Le "Conseil des Trois Gaules" possédait son administration et ses fonds propres, il est une représentation des intérêts gaulois auprès de Rome, en quelque sorte la première assemblée parlementaire française.


Le sanctuaire se trouvait sur le flanc de la colline de la Croix-Rousse, à la confluence, dans le bourg de Condate, en territoire Ségusiave (juridiquement situé hors de Lyon). Entièrement détruit, on le connait grâce à des textes et à sa représentation sur des monnaies. Le fait que l'on frappe des monnaies avec une représentation de l'autel démontre bien l’importance de ce sanctuaire.

Il était composé d'un autel monumental, d'un temple, d'un amphithéâtre et d'un bois sacré. Strabon en donne une description dans sa Géographie : « C'est là qu'on voit ce temple ou édifice sacré, hommage collectif de tous les peuples de la Gaule, érigé en l'honneur de César Auguste : il est placé en avant de la ville, au confluent même des deux fleuves, et se compose d'un autel considérable, où sont inscrits les noms de soixante peuples, d'un même nombre de statues, dont chacune représente un de ces peuples, enfin d'un grand naos ou sanctuaire ».

L'autel monumental dédié au culte de Rome et de l'Empereur est érigé en 12 av. JC par Drusus, beau-fils d'Auguste. Installé sur une grande terrasse de 300m de long, il était accessible par deux rampes (voir la topographie de l'actuelle rue Burdeau)

Sur l'autel central, se tenaient les soixantes statues représentant les cités gauloises. A la base de l’autel, l’inscription ROM-ET-AUG ("Romae et Augusto" : à Rome et à Auguste), rappelait la dédicace de l’édifice et son rôle religieux. Le monument était entouré de deux colonnes sur lesquelles reposaient deux Victoires brandissant une couronne.

Ces deux colonnes auraient été sciées en deux au Moyen-Age et employées pour soutenir la croisée de l’église Saint-Martin d’Ainay. La hauteur originelle de ces colonnes serait donc de 14m.

Le théâtre

La découverte de ce théâtre est fortuite ; à l’origine les archéologues cherchent l’amphithéâtre des Trois Gaules, lieu du martyr des premiers chrétiens. La propriété Lafon, sous laquelle repose le théâtre, fait l’objet de premières explorations à la toute fin du XIXe siècle. Il est classé Monument Historique en 1905.

A partir de 1933, des campagnes de fouilles, sous la direction des archéologues Pierre Wuilleumier puis d'Amable Audin, révèlent le théâtre, qui est alors dégagé et remis en état.
En 2003, de nouveaux sondages ont permis de retrouver l’emplacement du mur du fond de scène.

C'est le plus ancien théâtre gallo-romain de France, construit vers 15 avant J.-C. sous l’empereur Auguste. Situé sur la colline de Fourvière, à proximité du forum, il domine la majorité de la ville de Lyon.

Il est de plan classique, ses gradins en demi-cercle sont bâtis sur une sous-structure rayonnante composée de massifs de maçonnerie et de voûtes. Ses dimensions sont alors modestes (89 m de diamètre) et il ne dispose que de deux volées de gradins couronnées par un promenoir.

Au IIe siècle ap. J.-C., une extension de l’édifice, attribuée à Hadrien, est réalisée parallèlement à la construction de l’odéon. Le théâtre atteint alors un diamètre de 108,50 m et le promenoir est remplacé par une troisième volée de gradins.
Sa capacité d’accueil passe ainsi de 5.000 à 10.000 spectateurs. Le mur du fond de scène est aussi haut que la cavea (ensemble des gradins). Un toit incliné protège la scène et rabat les sons. En avant de la scène, la fosse longue de 46 m, percée de trous carrés tous les 3 m permet le coulissage des mâts et des contrepoids qui soutiennent le rideau de scène.

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Un velum fixé par des mâts au mur d’enceinte protège du soleil. Au mur de façade est adossé un portique extérieur de 30 colonnes. A partir du IIIe siècle le quartier de Fourvière est progressivement délaissé. Les monuments, utilisés comme carrières, disparaissent progressivement du paysage urbain.

Aujourd'hui, de nombreuses manifestations s'y déroulent dont les célèbres "Nuits de Fourvière".

L'Odéon

Au début du IIe siècle, parallèlement à l'agrandissement du théâtre, la construction de l'Odéon est lancée. Edifice plus petit que le théâtre, il était le lieu privilégié de spectacles plus élitistes : musique et conférences.

Il mesure 73 mètres de diamètre pour une capacité d'environ 3.000 places, l'épaisseur des murs d'enceinte (6,45 m pour une hauteur de 8 m) laisse à penser qu'un toit devait couvrir les deux volées de gradins, renforcant ainsi l'accoustique.
Comme pour le théâtre, la cavea (ensemble des gradins) est pour partie, adossée à la colline mais aussi soutenue par des voûtes. Sont conservées aujourd'hui 16 rangées de gradins inférieurs dépouillés de leur revêtement de pierre blanche.

Le dallage de l'orchestra (½ cercle à la base des gradins), mieux conservé que celui du théâtre est encore en place. Il est composé de panneaux à motifs géométriques, de 11 matériaux différents : pierres colorées luxueuses comme des porphyres rouge et vert d'Égypte, du granit d'Égypte, des marbres de différentes teintes...

La scène a gardé le mur antérieur du pulpitum (muret qui porte le devant de la scène) et la fosse du rideau.
La façade comportait un portique en contrebas du niveau de la scène, qui ouvrait sur une vaste esplanade, aujourd'hui encore conservée. Celle-ci semble avoir été une place très tôt, à époque augustéenne.

L'édifice est connu depuis le XVIe siècle, mentionné dans plusieurs textes, représenté dans plusieurs plans ; il est confondu tantôt avec le théâtre tantôt avec l'amphithéâtre des Trois Gaules.
Situé sous l'ancien couvent des Dames de la Compassion, l'odéon est classé Monument Historique en 1905 et fait l'objet de travaux de dégagement et de restauration entre 1941 et 1946, puis de 1953 à 1958.

Accès libre tous les jours de 7h à 19h de septembre à avril, puis de 7h à 21h le reste de l'année. Visites guidées :
http://www.musee-gallo-romain.com

Amphithéatre

Situé sur les pentes de la Croix-Rousse, au sein du sanctuaire des Trois Gaules, il est édifié en 19 après J.-C par le sacerdos (grand prêtre) Caius Julius Rufus (dédicace de l'édifice visible au Musée gallo-romain). C'est l'un des plus anciens de Gaule.
Il est alors destiné à accueillir les délégués gaulois qui viennent, chaque année, adresser voeux et prières à la puissance de Rome. 3.000 personnes peuvent s'y réunir.

Agrandi au début du IIe après JC sur la volonté de l'empereur Hadrien, financé par le procurateur Caius Julius Celsus, il devient le plus grand amphithéâtre de Gaule (143,3 m de long pour 117,4 m de large) avec plus de 20.000 places.
Il accueille désormais le peuple de Lyon, ainsi que des invités de la quatrième Gaule (La Narbonnaise). S'y tiennent des spectacles de gladiateurs, parfois remplacés par des supplices. L'histoire de la ville garde en mémoire celui des chrétiens Blandine et Pothin, en 177 ap JC.

Abandonné à la fin du IIIe siècle, l'édifice est progressivement recouvert pour devenir au XIIe siècle, un champ de vignes. Le Plan scénographique de 1550 laisse apparaitre trois arches et un chemin incurvé. Il est ensuite représenté sur différents plans du XVIIIe (Séraucourt et Perrache).

Les premières fouilles sont menées en 1818-1820 par l'archéologue François Artaud qui dégage alors un édifice elliptique. Il l'interprète comme une naumachie (édifice dans lequel se tenaient des spectacles nautiques), influencé par la présence du canal de l'arène et d'un égout. Le site est rebouché en 1820.

Il sera ensuite très malmené par différentes installations urbaines :

  • destruction de la partie sud entre 1834 et 1854
  • ouverture de la rue Burdeau en 1857-1858
  • en 1859 construction de la gare du funiculaire sur les fondations de la partie orientale.

En 1953-55, la construction de l'École Nationale des Beaux-Arts permet le dégagement de murs antiques en relation avec l'édifice.

Ce n'est qu'en 1956-57 que les fouilles sont reprises par Amable Audin, qui les poursuit jusqu'en 1978. La découverte en 1958 d'une inscription dédicatoire lui permet d'identifier l'édifice comme l'amphithéâtre.
Il est classé Monument historique en 1961.

Il reste aujourd'hui, sur moins de sa moitié, le contour de l'arène, les soubassements de deux à trois gradins du podium, les murs latéraux d'une grande entrée nord et les murs d'un vomitoire à l'ouest. Les vestiges sont visibles depuis le Jardin des Plantes.


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