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AU FIL DU TEMPS > ARCHITECTURE > Eglise Saint-Paul

Située près de la Saône et à l’extrême nord du quartier, Saint-Paul est probablement, avec Saint-Jean et Saint-Georges, l’une des plus anciennes églises de Lyon. Construite vers 549 par l’évêque de Lyon Saint Sacerdos, qui voulait fonder un monastère d’hommes, elle est ensuite endommagée par les Maures en 732, puis restaurée au début du IXe siècle par l’archevêque Léidrade.

Au Xe siècle, l’église devient une nécropole importante comportant trois cimetières situés derrière les chevets de Saint-Paul et de Saint-Laurent. Cette dernière, était située à côté de Saint-Paul et reliée à cette église par un passage couvert dont il reste quelques vestiges près de la chapelle des Fonts Baptismaux,

A la demande de Hugues Ier, elle est reconstruite sur un plan basilical et devient église paroissiale. Cette longue reconstruction s’étale sur une partie des XIe et XIIe siècles. De cette période datent l'abside en cul de four, le choeur et sa coupole composée de deux dômes de forme octogonale superposés, la croisée du transept et la nef, de style romano-byzantin mais aussi la décoration de ses façades (les corniches sont soutenues par des modillons aux décors sculptés variés).

Au XIIIe siècle, le clocher est reconstruit. Dans la deuxième partie de ce siècle, une flèche en pierre, qui n’est pas celle que nous pouvons voir aujourd’hui, est érigée.

De nombreux travaux et restaurations ont lieu à travers les siècles, notamment à l’époque gothique. L'église doit à cette période les intérieurs : la nef, composée de quatre travées délimitées par quatre piliers à chapiteaux sculptés, les voûtes d’ogives.

Le gothique tardif, XVe et XVIe siècles, se retrouve, quant à lui, dans le clocher-porche et dans les chapelles latérales, dont les premières apparaissent après 1470, et dans lesquelles on peut observer le ré-emploi des consoles romanes sculptées.

Elle est endommagée lors de la prise de la ville par le baron des Adrets. Sa restauration ne commencera que quelques années plus tard.

Le XVIIe siècle voit quelques modifications car l’église, d’après les archives, est en piteux état et menace de tomber en ruine, à tel point que les offices et services religieux ont lieu en l’église Saint-Laurent.

Il faudra attendre jusqu’en 1778 pour voir les premières transformations se réaliser. Pendant le siège de la ville par les révolutionnaires, en 1793, l’église Saint-Paul est pillée et transformée en magasin de salpêtre. L’église Saint-Laurent est brûlée.

En 1801, Saint-Paul devient église paroissiale, le chapitre des chanoines n’étant pas rétabli. Plusieurs campagnes de restauration vont s’étaler durant tout le XIXe siècle.

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De nombreuses modifications et ajouts sont alors effectués : enlèvement de la terre salpêtrée, pavage, reconstruction de murs, des charpentes, des toitures, des vitraux, des sculptures, restauration des bases des piliers, érection d’une nouvelle flèche. La restauration de la sacristie permet de découvrir entre autres un arc en plein cintre ayant une archivolte aux fines moulures de billettes.

La modification principale est celle du portail néogothique en 1877. Son tympan, représentant Saint Paul sur le chemin de Damas, est surmonté d’une galerie et d’une rosace.
Le lanternon, au sommet de la tour octogonale, est placé en 1835. Le choeur a été décoré, en 1899, par des peintures du lyonnais Paul Borel.

A causes des contraintes imposées aux communes possédant des monuments classés par la nouvelle loi de 1887, puis le décret en 1889, le député du Rhône, Fleury Ravarin, demande le déclassement de l’église. Il devient effectif le 22 avril 1897.

Le XXe siècle voit le classement monument historique (en 1920) de la tour Lanterne, tandis que l’ensemble, bien qu’inscrit en 1927, doit attendre le 15 mai 1995 pour être classé en totalité. On restaure également l’intérieur de l'église, puis dans les premières années du XXIe siècle, l’extérieur du bâtiment.

Quelques détails à ne pas manquer

A droite de l’autel, la voûte à clefs pendantes de la chapelle du Crucifix.

Sur les 16 chapelles situées sur les bas-côtés de l’église, en voici quelques-unes illustrant les différents styles :

  • sur l’arc ogival de la chapelle Saint François Xavier, la série de médaillons elliptiques représentant les anges musiciens (1490)
  • les fenêtres très étroites avec une ogive ressemblant à un fer de lance illustrant parfaitement le gothique à lancettes du XIIIe siècle dans la chapelle de la Croix
  • la chapelle des Fonts Baptismaux qui, par la forme de ses meneaux, marque le style flamboyant
  • les fenêtres élargies des chapelles Notre Dame des Sept Douleurs et de la chapelle Saint-François-de-Sales sont un bel exemple du gothique rayonnant.

Le clocher, reconstruit en 1440, et qui abrite depuis le XIXe siècle, un carillon de onze cloches.

La flèche en pierre surmontant le clocher : démolie en 1818, elle est remplacée par une autre, en bois, en 1875, refaite en 1933 après avoir été endommagée par la foudre, puis définitivement reconstruite en 1982. Elle mesure 24 mètres de haut.

Les vitraux et les sculptures des XIXe et XXe siècles


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