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Mondialement
connu pour son architecture Renaissance, le quartier du Vieux-Lyon
doit sa fabuleuse conservation au Plan de Sauvegarde et à
la loi Malraux protégeant le site dès 1964.
On y rencontre une architecture bourgeoise plus que publique ou
religieuse, très influencée par l'Italie et par
la capitale.
Le quartier
commence à être vraiment occupé à l'époque
carolingienne (vers 800) sous l'influence de Charlemagne, puis
au Moyen Age.
Cette époque nous a légué les grandes églises
(Saint Georges pour lemplacement, St Paul et St Jean), la Manécanterie,
mais aussi et surtout, la trame des rues.
C'est à ce moment que l'orientation du quartier se met
en place et que sont créées de grandes artères
parallèles à la Saône. Les rues que nous connaissons
aujourd'hui sont les mêmes que celles du Moyen-Age...
La fin de
lépoque médiévale et la Renaissance
conduisent le quartier à son apogée. A ce moment
se mettent en place et se lotissent les parcelles étroites
("en touches de piano") réparties le long
des grandes artères comme la rue Tramassac, la rue Saint Jean
et la rue Saint Georges.
Des études
archéologiques menées lors de la restauration de
certaines demeures du Vieux-Lyon révèlent les phases
d'occupation des terrains.
Une première habitation de deux ou trois niveaux, avec
façade sur rue, est réalisée ; le fond de
la parcelle est occupée par une grange, un jardin ou une
cour. A cette époque, les espaces ouverts sont dédiés
au quotidien (latrines, dépotoirs, activités ménagères
ou culinaires).
Un deuxième
corps de logis sinstalle ensuite dans le fond. Les deux
habitats sont désormais séparés par une cour
dans laquelle on trouve un puits (en général) et
lescalier (en vis pour la plupart), inscrit dans une tour.
Cette tour joue un double rôle : surélevée,
elle sert à la fois de tour de guet et de symbole à
la puissance du propriétaire de la maison. |
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La communication
entre les deux bâtiments est assurée par un système
de galeries, accessibles depuis la tour descalier.
Laccès à la cour depuis la rue est permis
par un passage nommé "allée", souvent
voûté dogives et très décoré.
Certaines de ces parcelles sont "traversantes", laccès
se faisant par les deux rues. On parle alors de "traboule",
une spécificité lyonnaise est née.
Contrairement aux façades sur rue qui, pour la plupart,
présentent une architecture plutôt simple, les façades
sur cour sont plus recherchées, pourvues de décors
sculptés. La présence de galeries dans les étages
permet aux décors de s'inviter dans les nervures elles-mêmes,
sur les clés de voûte, sur les culots ...
La dernière période, plus récente (XVIe
et XVIIe siècles), a modifié le visage du Vieux Lyon médiéval.
Désormais, le pouvoir économique et le mode de vie
des grandes familles et des banquiers, leur permettent de racheter
plusieurs parcelles mitoyennes et de les rassembler derrière
de grandes façades.
On voit par exemple : la maison de Gadagne, la galerie Philibert
de lOrme (système de communication), le 21 rue Juiverie
qui englobe la ruelle séparant les deux parcelles ou encore
sur la place du Change, lintégration de la ruette
à la maison Thomassin.
Au XVIIIe
siècle, et malgré la réalisation de quelques
bâtiments publics comme la Loge du Change, le quartier est
abandonné au profit de la presqu'île. Il se dégrade
et se paupérise tant et si bien que dès le début
des années trente, des projets de rénovation sont
proposés.
La destruction
du Vieux-Lyon est annoncée dans les années 60 par
un projet de boulevard urbain traversant le quartier historique
de part en part, ne sauvegardant que la cathédrale St Jean.
Dans le même temps, la démolition des alignements
de maisons Renaissance de la rue Mercière est prévue,
cest le début dune violente polémique
nationale. Lintervention du ministre de la Culture André
Malraux en 1964 permettra la sauvegarde du Vieux-Lyon mais pas
celle de toute la partie Nord de la rue Mercière... |